Chaud DevantReviewsUne

Sanctuary

Je suis assez fan de tout ce que propose Super Meeple. C’est un éditeur que j’apprécie particulièrement et dont je suis chaque sortie avec beaucoup d’intérêt. Alors forcément, quand un jeu touche de près ou de loin à l’un de mes jeux préférés, Ark Nova, il ne m’en fallait pas plus pour m’intéresser à Sanctuary.

J’ai acheté le jeu dès sa sortie, et il a ensuite trôné fièrement dans ma liste — beaucoup trop longue, je l’avoue sans peine — des jeux non joués. En ce moment, ma belle-sœur est à la maison. Elle débute dans le monde ludique et découvre peu à peu les jeux de société modernes. J’ai rapidement trouvé que c’était l’occasion rêvée de mettre Sanctuary sur la table.

Et ce fut chose faite, lors de l’un de ces dimanches moroses et pluvieux, sans rien d’intéressant à la télévision, qui vous invitent naturellement à vous installer autour d’une table pour partager un bon moment et découvrir un nouveau jeu. L’expérience nous a tous conquis : depuis, nous en sommes déjà à neuf parties, avec toujours la même envie d’en relancer une nouvelle.

Je ne vais pas détailler ici les règles : vous pouvez en retrouver un aperçu global dans l’Express que j’ai publié précédemment. En revanche, je vais vous partager mon avis à travers cinq grands thèmes : l’édition, la thématique, les mécaniques, les règles, le mode solo, puis je conclurai cette chronique par mon ressenti global.


Cliquer pour avoir un aperçu des règles de Sanctuary


Est ce que c’est Beau (édition) ?

La boîte adopte un format tout à fait standard, plutôt carré, bref, quelque chose de très classique dans notre loisir. L’illustration de couverture, sans être particulièrement inspirante, ne fait pas vraiment rêver. Elle a toutefois le mérite d’évoquer clairement la filiation avec Ark Nova. Ce n’est peut-être pas d’un goût irréprochable, mais ce n’est clairement pas ce critère qui déterminera l’achat du jeu.

À l’ouverture de la boîte, on découvre un matériel de bonne qualité. Les nombreuses tuiles, d’une belle épaisseur, représentent les différents animaux, bâtiments et projets. L’ensemble est bien organisé grâce à une boîte de rangement dédiée, ce qui est toujours appréciable. On trouve également des présentoirs pour accueillir les tuiles, des jetons, ainsi que les différents plateaux de jeu. Le plateau joueur, en particulier, est relativement grand, puisqu’il devra accueillir l’ensemble des tuiles que l’on va poser au fil de la partie.

De mon côté, j’ai imprimé un petit insert afin de faciliter la mise en place et le rangement, sachant que plusieurs parties étaient au programme. La mise en place reste globalement rapide, même si le jeu demande une certaine place sur la table.

Concernant les illustrations des tuiles, certains joueurs ne les trouvent pas particulièrement jolies. Pour ma part, elles me conviennent parfaitement et ne me dérangent pas outre mesure. Je trouve même qu’une fois le plateau bien rempli, l’ensemble a un rendu plutôt flatteur et fait son petit effet sur la table.


Notre objectif c’est quoi (thématique) ?

Dans Sanctuary, vous construisez un zoo moderne qui veille au bien-être des animaux et à la satisfaction du public. Pour cela, vous disposez de 135 tuiles Zoo représentant des animaux, des bâtiments et des projets.

Est-ce que le jeu est réellement thématique ? Je n’en suis pas vraiment sûr. Certes, on y pose des animaux dans son zoo, on développe des projets et on construit des bâtiments, mais je ne ressens pas spécialement le besoin que le thème soit plus marqué que cela. Comme souvent avec les jeux de placement de tuiles, j’ai plutôt l’impression d’être face à quelque chose d’assez abstrait, du moins dans les actions que l’on réalise.

Lorsque je joue à Sanctuary, je n’ai pas vraiment le sentiment d’incarner un gestionnaire de zoo. Ce n’est clairement pas son point fort. Cela dit, une ambiance générale se dégage malgré tout de l’ensemble, même si, pour ma part, elle reste assez légère et n’ira pas beaucoup plus loin que ça.


C’est dur à apprendre (règles & iconographie) ?

Règles

Le jeu propose deux livrets d’instructions distincts. Le premier est le livret de règles principal, limpide et agréable à lire pour toute personne habituée à parcourir des règles de jeux de société. Pour les joueurs plus débutants, la lecture demandera un peu plus d’attention, sans pour autant être insurmontable. L’ensemble est clair, bien rédigé et ponctué de nombreux exemples, ce qui facilite grandement la compréhension.

Le deuxième livret est un glossaire, destiné à éclaircir et approfondir certains points de règles. C’est, à mon sens, une excellente idée. Cela évite d’alourdir le livret principal avec des explications trop détaillées qui finiraient par se noyer dans la masse et rendre le tout indigeste. Cette séparation permet une lecture plus fluide et une meilleure assimilation des règles..

Iconographie

Côté ergonomie, j’ai trouvé l’iconographie extrêmement claire. Je n’ai quasiment jamais eu besoin de retourner aux règles pour en comprendre le sens. D’autant plus qu’une plaquette d’aide de jeu est fournie : elle remplit parfaitement son rôle en rappelant les différentes phases du jeu ainsi que les icônes principales. Tout est pensé dans un souci de simplification, afin de rendre le jeu encore plus accessible.


On fait quoi dans le jeu (mécanique) ?

Dans Sanctuary, vous devrez créer votre zoo à l’aide de tuiles. La partie prendra fin si un joueur a complétement rempli son plateau ou a posé ses 4 objectifs de conservation. Le jeu peut aussi prendre fin si toutes les tuiles ont été mises en jeu.

Dans Sanctuary, la mécanique principale est finalement assez simple. Le but du jeu consiste à poser, sur son plateau zoo, des tuiles d’animaux, de bâtiments et de projets afin de maximiser ses points de victoire. Pour y parvenir, on utilise un système d’actions directement hérité d’Ark Nova.

Devant soi, on dispose de quatre tuiles Action. À son tour, on en choisit une, on effectue l’action correspondante, puis on la replace en première position de la ligne. Chaque emplacement détermine la puissance de l’action : plus la tuile est avancée, plus l’action est forte. Certaines actions nécessitent donc un niveau de puissance minimum, obligeant parfois à patienter quelques tours avant de pouvoir les déclencher. C’est un système particulièrement malin, popularisé par Ark Nova, mais qui avait déjà fait une apparition remarquée dans Civilisation : Une Aube Nouvelle.

À cela s’ajoutent les projets, qui constituent une source importante de points de victoire. Ces objectifs demandent généralement de posséder un certain nombre d’animaux d’une espèce donnée ou provenant d’un même continent. Chaque joueur dispose de quatre tuiles de scoring, numérotées de 2 à 5, représentant le nombre d’icônes requises dans son zoo pour valider un projet et obtenir les points associés. Le timing est donc crucial : on choisit quand réaliser ses projets, tout en gardant un œil attentif sur ses adversaires pour éviter qu’un joueur ne déclenche la fin de partie avant que l’on ait pu valider les objectifs souhaités.

Le jeu propose également de nombreuses petites combinaisons permettant d’optimiser son score. Par exemple, placer deux tuiles “parents” côte à côte permet de gagner un jeton bonus, symbolisant une naissance. De même, recouvrir certaines zones de son plateau débloque des actions bonus. Et j’allais presque oublier un élément essentiel : la réalisation d’objectifs permet aussi d’améliorer ses tuiles Action, ce qui accélère progressivement le rythme de la partie et renforce la montée en puissance des joueurs.

L’ensemble offre une mécanique fluide, riche en décisions, et suffisamment de petits twists pour renouveler le plaisir au fil des parties.


Un petit mot du Solo….

Je n’ai pas essayé le jeu en solo. Ayant eu l’occasion d’y jouer de nombreuses fois en multijoueur, je n’ai tout simplement pas ressenti le besoin de l’explorer dans cette configuration. Sachez simplement qu’un mode solo existe pour celles et ceux que cela pourrait intéresser.


Finalement on en pense quoi (conclusion) ?

J’adore Ark Nova, et lorsque j’ai appris qu’un nouveau jeu se déroulant dans le même univers allait voir le jour, avec la promesse d’une expérience plus accessible, je n’ai pas hésité une seconde. J’ai foncé dessus sans même vraiment me renseigner. D’abord parce que je suis très attaché à l’éditeur, qui m’a rarement déçu, ensuite parce que — soyons honnêtes — je suis un peu faible et légèrement collectionneur sur les bords.

Comme je l’ai mentionné en début de chronique, le jeu est resté un bon moment tout en haut de ma pile de jeux non joués. J’ai finalement réussi à le sortir, et après neuf parties, je pense être en mesure de vous proposer un retour honnête et posé sur mon expérience.

Est-ce que j’ai apprécié y jouer ? La réponse est clairement oui. Certains le comparent constamment à son grand frère et cherchent à pointer les différences, mais je ne rentrerai pas dans ce débat. Pour moi, il s’agit d’un jeu bien distinct, et ce à bien des égards. Il est plus accessible, même s’il s’adresse tout de même à des joueurs déjà habitués aux jeux modernes. Les règles sont simples et bien expliquées, mais il existe de nombreuses subtilités si l’on souhaite en tirer le meilleur parti.

Le jeu se révèle d’ailleurs assez casse-tête lorsqu’on cherche à optimiser ses placements de tuiles et à maximiser ses points de victoire. Il faut garder un œil attentif sur les objectifs de conservation communs et veiller à ne pas laisser un adversaire en valider plus que soi, sous peine de se retrouver rapidement à la traîne. Une véritable course s’installe également : le premier joueur à terminer son zoo remporte 10 points de victoire et déclenche la fin de la partie, ce qui ajoute une tension permanente.

Concernant l’interaction, elle existe principalement au niveau de la rivière de tuiles. On peut tout à fait se faire subtiliser un animal parfaitement aligné avec ses plans. Cela reste toutefois assez léger et rarement pénalisant au point de coûter la partie. Quant au hasard, il est bien présent via la pioche des tuiles, mais la rotation rapide de la rivière permet généralement de s’adapter sans trop de frustration.

Si l’on apprécie autant Sanctuary, c’est pour plusieurs raisons. Il est facile à sortir et rapide à jouer : à deux joueurs, on reste largement sous l’heure, et même à trois, après quelques parties, on dépasse rarement 1h30. C’est un format qui me convient parfaitement. Le jeu fonctionne très bien dans la majorité des configurations, même si j’ai quelques réserves à cinq joueurs, où la durée pourrait s’allonger un peu trop à mon goût.

J’éprouve un réel plaisir à voir mon zoo se développer, et chaque partie est totalement différente. En fin de jeu, les plateaux sont radicalement distincts d’une partie à l’autre, ce qui renouvelle constamment l’expérience. Il faut savoir adapter sa stratégie en cours de route, pousser l’optimisation, faire comboter les tuiles entre elles et tirer le maximum de chaque placement. Le côté course accentue encore la tension : on observe les autres, on calcule, et lorsqu’on est plusieurs à pouvoir conclure la partie, on cherche le coup parfait pour passer devant.

Au final, on se retrouve presque face à un puzzle game, où l’objectif est de faire correspondre au mieux les tuiles entre elles tout en maximisant les points. C’est extrêmement plaisant… et franchement addictif.

Sanctuary est, à mes yeux, un excellent jeu de pose de tuiles dans l’univers d’Ark Nova. Je suis ravi de l’avoir acheté. Il est plus facile à sortir, très agréable à jouer, tout en conservant l’ADN de son aîné. Je trouve qu’il ne fait absolument pas doublon : je le propose à des groupes de joueurs différents et j’en retire à chaque fois le même plaisir.

Pilou



✅ Les plus

❌ Les moins

  • Jeu accessible tout en restant riche et exigeant dans ses choix

  • Parties rapides et dynamiques (surtout à 2 et 3 joueurs)

  • Forte rejouabilité : chaque partie est différente

  • Sensation de puzzle game très satisfaisante

  • Course à la fin de partie qui apporte tension et stress positif

  • Illustrations des tuiles qui peuvent ne pas plaire à tout le monde
  • Interaction limitée, ce qui pourra frustrer les amateurs de confrontation

  • Présence de hasard dans la pioche des tuiles (même s’il est maîtrisable)


Jeudice - Taille - Table - 4

 
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