Rebirth
J’ai découvert le jeu Rebirth l’année dernière grâce à mon camarade Willow, qui ne cessait d’en vanter les mérites et les qualités. Il s’agissait alors d’une version import, et nous ne savions pas encore s’il serait un jour édité en français.
Quelques mois et plusieurs parties plus tard, nous avons appris l’excellente nouvelle de sa parution dans la langue de Molière par l’intermédiaire de l’éditeur Lucky Duck Games, ce qui m’a évidemment ravi.
Côté édition, il a fallu faire quelques concessions afin de proposer un tarif attractif, mais je peux d’ores et déjà vous dire qu’elles restent minimes et n’enlèvent absolument rien au jeu ni au plaisir que l’on ressent à y jouer.
Je me suis donc naturellement positionné pour obtenir un exemplaire presse, afin de vous le présenter et de vous livrer mon avis. Cela me donnera également l’occasion de comparer, dans une certaine mesure, les deux versions, même si je ne possède pas l’édition import, mais que j’y ai joué à plusieurs reprises.
Je ne vais pas détailler ici les règles : vous pouvez en retrouver un aperçu global dans l’Express que j’ai publié précédemment. En revanche, je vais vous partager mon avis à travers cinq grands thèmes : l’édition, la thématique, les mécaniques, les règles, le mode solo, puis je conclurai cette chronique par mon ressenti global.
Cliquer pour avoir un aperçu des règles de Rebirth
Est ce que c’est Beau (édition) ?
La boîte adopte un format carré des plus classiques, mais dans une taille contenue. C’est parfait pour ceux qui, comme moi, manquent de place et n’apprécient pas les boîtes remplies de vide inutile. Ici, ce n’est clairement pas le cas, et tant mieux.
La couverture arbore une magnifique illustration, mêlant habilement des influences anciennes et futuristes, un mélange que je trouve particulièrement réussi. Les différences entre les versions restent finalement très minimes, bien plus anecdotiques que ce que j’avais imaginé au départ.
À l’ouverture de la boîte, on découvre un matériel de bonne qualité, fidèle à ce que j’avais déjà pu connaître lors de mes précédentes parties. Les différences sont là encore très limitées : un matériel légèrement plus petit et l’absence des sacs en tissu. Rien de problématique pour autant.
L’ensemble est très satisfaisant, avec des meeples qui, s’ils ne sont pas en bois, n’en demeurent pas moins agréables à manipuler. Il ne s’agit pas de « Rewood », ce qui aurait sans doute fait grimper la facture, mais d’un plastique biosourcé de bonne facture. On retrouve également des pions en carton et des cartes venant compléter l’ensemble.
Au final, il s’agit d’une édition soignée et cohérente, qui fait clairement le choix de l’efficacité et de l’accessibilité sans sacrifier la qualité.
Notre objectif c’est quoi (thématique) ?
Ébranlées par une succession de désastres, les sociétés du monde entier ont choisi un nouvel idéal : vivre en harmonie avec la nature. C’est dans cet esprit que les anciens clans d’Écosse et d’Irlande s’emploient à restaurer leurs terres en ruines.
Bon, ne nous mentons pas : il n’y a pas réellement de thème fort. Il en fallait un, il est là, et il fait le job. Rebirth est avant tout un jeu de mécanique.
On ne dira donc pas qu’il brille par la richesse de sa thématique, mais, honnêtement, dans ce cas précis… on s’en contrefiche un peu. Le plaisir de jeu est ailleurs, et il fonctionne parfaitement ainsi.
Je dirais simplement que je suis surtout heureux que cela ne mette pas en scène de petits animaux mignons ou une énième aventure spatiale.
C’est dur à apprendre (règles & iconographie) ?
Règles
Le livret de règles est vraiment très clair et ne nécessite que rarement d’y revenir une fois la première lecture effectuée. La grande particularité de Rebirth réside dans le fait qu’il propose en réalité deux jeux en un. Le plateau principal est recto-verso : une face « normale » (Écosse), et de l’autre, une version légèrement plus stratégique, intégrant quelques règles supplémentaires.
Les différences ne sont pas radicales, mais elles sont largement suffisantes pour renouveler l’expérience de jeu et proposer une approche plus exigeante. Dans les deux cas, les règles restent faciles à appréhender, rapides à lire et ponctuées d’exemples, ce qui facilite grandement la compréhension. Le jeu s’adressant à un public familial, il était important de trouver le bon équilibre entre simplicité, challenge et plaisir de jeu, et celui-ci est parfaitement atteint.
Iconographie
Concernant l’iconographie, je la trouve réussie et l’on s’y habitue très rapidement. Elle reste volontairement sobre, avec peu d’icônes, toujours dans cette même logique d’accessibilité .
On fait quoi dans le jeu (mécanique) ?
En tant que chef de faction, vous devez rivaliser pour le contrôle des territoires et de leurs célèbres châteaux, en alliant planification, gestion et tactique.
La mécanique principale repose sur la pose de jetons (de petites tuiles) piochés au hasard, que l’on vient placer sur le plateau central. L’objectif est alors d’optimiser ce placement afin de marquer des points, d’obtenir des majorités, de compléter des villes ou tout simplement de remplir des objectifs.
À son tour, rien de plus simple : on pioche une tuile au hasard et on la place sur le plateau central. C’est accessible, rapide et très efficace. Mais ne vous y trompez pas, le jeu est loin d’être dénué d’intérêt. Tout son sel réside dans la qualité du placement et dans les conséquences qu’il va engendrer.
Obtenir une majorité autour d’un château permet d’en prendre le contrôle et rapportera 5 points en fin de partie. Se placer à côté d’une cathédrale offre la possibilité de piocher un objectif supplémentaire à réaliser avant la fin du jeu. Former des groupes d’icônes identiques (fermes, etc.) permet quant à lui de marquer des points en comptabilisant les éléments formant une ligne continue.
Comme vous pouvez le constater, le jeu est plus profond qu’il n’y paraît, et certains choix s’avèrent rapidement cornéliens. Les parties s’enchaînent à un rythme soutenu et apportent une sensation que beaucoup attendaient depuis plusieurs mois : enfin un jeu où tout se passe sur un unique plateau central, sans plateaux individuels annexes. Et franchement, que cela fait du bien… du moins selon mon point de vue.
J’apprécie également tout particulièrement la possibilité de jouer sur deux plateaux différents, la version ‘Irlande‘ apportant un surcroît de complexité et de profondeur sans pour autant alourdir les règles. D’un point de vue mécanique, l’ensemble se révèle redoutablement efficace et parfaitement calibré.
Un petit mot du Solo….
Le jeu ne se joue absolument pas en solo, et tant mieux finalement. Ici, tout le monde est réuni autour de la table, à poser ses pions sur un unique plateau central. Et franchement… quoi de plus cool que ça ?
Finalement on en pense quoi (conclusion) ?

J’apprécie énormément ce jeu. J’en avais déjà parlé à plusieurs reprises, en expliquant qu’il s’agissait pour moi de mon jeu familial de l’année 2024, et que je ne comprenais pas pourquoi il n’était toujours pas sorti en français. Nous étions d’ailleurs nombreux — du moins ceux qui avaient eu la chance de le tester — à partager ce même constat.
C’est désormais chose faite grâce à Lucky Duck Games, qui nous propose une très belle édition française. Certes, quelques concessions ont été faites afin de maintenir un tarif accessible, mais force est de constater que le pari est pleinement réussi.
J’aimais déjà beaucoup Rebirth, et les nouvelles parties enchaînées pour l’écriture de cet article n’ont fait que confirmer mon ressenti. Le jeu a clairement tout pour devenir un grand titre et s’inscrire dans la durée, ce que j’appelle un « classique », à l’image de Catan ou Dominion. Il est simple, accessible, tout en offrant une réelle profondeur stratégique.
Comme je l’ai déjà mentionné au cours de ma chronique, j’apprécie tout particulièrement le fait que tout se joue ensemble sur un plateau central, d’une taille enfin raisonnable — sans cette course permanente au « toujours plus grand ». Les interactions sont nombreuses, avec une part de chaos et de hasard qui fait tout son charme. Il faut savoir ne pas trop anticiper, rester opportuniste et optimiser chacun de ses placements.
Les règles sont simples, limpides et s’apprennent en quelques minutes. La mise en place est rapide et l’on se retrouve très vite plongé dans la partie, à enchaîner les tours sans temps mort. On prend du plaisir ludique, on s’amuse, on partage… et on en reparle encore une fois la partie terminée.
Rebirth a tout d’un grand jeu. Dans cette gamme de difficulté, c’est sans doute celui qui m’a le plus enthousiasmé. Un Knizia de haute volée, capable de séduire la grande majorité d’entre nous. J’aimerais d’ailleurs beaucoup le voir nommé cette année à Cannes… et il fera, sans aucun doute, un cadeau parfait pour les fêtes de fin d’année 2025 🎁🎲
Pilou.
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